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Pourquoi faire ce défi de courir 1117 km en 26 jours?
 
Il y a 2 ans, en novembre 2016, j’ai fait une dépression : fatigue excessive; tristesse quasi-permanente; perte d’intérêt et de plaisir pour toute activité; sensation de culpabilité inappropriée. J’en étais arrivée à couper toute communication avec ma famille, amis et collègues. Je ne voulais plus voir personne. À tel point que j’ai failli perdre mon mari et mes enfants. Quand un jour mon mari me demande inquiet si je l’aimais encore, je n’ai pas été capable de lui répondre et pourtant Dieu sait que je l’aime tellement! Alors pourquoi n’ai-je pas réussi à lui répondre? et bien la réponse est simple, parce que je ne m’aimais plus, je me sentais comme un fardeau pour ma famille et je me détachais d’eux car je pensais être nuisible pour eux. La situation et les symptômes m’ont amenés à consulter un médecin qui m’a m’informé qu’elle me met en arrêt de travail pour dépression. En plus des médicaments, elle me prescrit une ordonnance inusitée : marcher 30 minutes par jour, sauf qu’au début 10 minutes seulement était un supplice. Un pas à la fois et à force de persévérance, je ne marche plus aujourd’hui, je cours!
 
La marche/course m’a redonné progressivement de l’énergie, de l’estime de moi et de la confiance en moi. J’étais fière de réussir à marcher mes 30 mn et par la suite d’intégrer la course. Quelle progression!
 
Aujourd’hui, 2 ans plus tard, je veux réaliser ce défi pour aller rejoindre mon frère qui rencontre des problèmes de santé mentale. Un jour au téléphone il me dit qu’il rêve d’une vie heureuse, mais c’est impossible. Touchée par ses propos, je me disais à l’intérieur de moi mais rien n’est impossible quand on le veut. Je lui ai demandé s’il jouait toujours au soccer, et me répond que non il n’a pas le temps.
De plus, travaillant aux ressources humaines du Ministère du Travail, de l’Emploi et la Solidarité sociale, je vois passer régulièrement des arrêts de maladie et en majorité, devinez pour quelles raisons? pour dépression, burn-out. J’ai donc pris conscience que pour une majorité, nous ne prenons pas assez soin de nous, nous ne prenons pas le temps pour nous. Je prône donc pour une bonne santé mentale par la pratique de l’activité physique.
 
Concernant le défi et bien, je dirais tout simplement que c’est un défi qui me ressemble. J’en suis arrivée là dans ma vie. Avant, j’aimais courir des 5 et des 10 km pour courir vite, aujourd’hui je me suis découvert une passion pour les longues distances. Quand je cours longtemps, je suis en mode méditation pleine conscience, je prends le temps de me connecter à mon environnement, à écouter les oiseaux qui chantent, à sentir la chaleur du soleil sur mon visage et même prendre le temps de dire bonjour aux coureurs que je croise. Wouah, quel moment magique je vis chaque jour grâce à la course.
 
Enfin, le défi est certes un défi qui me ressemble, et un moyen de promouvoir à grande échelle la santé mentale par la pratique de l’activité physique. D’ailleurs les profits générés par la Fondation du Grand Défi Tetrotop iront à la fondation CERVO soucieuse d’offrir aux personnes touchées par une maladie neurologique, une maladie mentale un espoir de guérison visant à mieux connaître le cerveau.
Pourquoi j’ai choisi la Fondation CERVO? Parce que mon frère Jordane (dont je vous parlais ci-dessus) a été diagnostiqué schizophrène au début de son adolescence suite, entre autres, à une dépression grave après le décès de notre maman.
 
Les études indiquent que d’ici 2020, la dépression se classera au 2e rang des principales causes d’invalidité à l’échelle mondiale, juste derrière les maladies cardiaques.
 
En ce sens, je veux qu’ENSEMBLE nous contribuons à un monde meilleur et en bonne santé mentale grâce à la pratique de l’activité physique.
 
Avec gratitude,

Jessica Lange